BOLIVIE

Agglomération surréaliste  et étagée entre 3200m et 4000m d’altitude, La Paz est la plus haute capitale du monde et est une porte d’entrée vers le monde de l’altitude et les lumières vives de l’Altiplano. En arrivant par la voie des airs à l’aéroport d’El Alto, on ressentira assez rapidement les effets du socoche et quelques jours ont été nécessaires avant de s’aventurer au delà des portes de la grande cité. La belle cité du début du XXe siècle, très hispanique, a fait place à l’un des chaos urbains les plus bruyants et mouvementés qui soient et est rythmée par une circulation infernale. Les vieilles bâtisses coloniales aux façades défraîchies se noient désormais au pied de buildings disgracieux. Baignant dans une atmosphère unique, La Paz reste néanmoins un point de ralliement des voyageurs au long cours, notamment parce qu’elle est le point de départ de nombreuses randonnées dans les alentours. Du plateau d’El Alto facilement accessible grâce au téléphérique urbain rayant la cité, les yeux se perdent sur l’immensité environnante et viennent s’accrocher à l’Illimani et l’envie irrépressible de prendre la tangente vers les hautes lumières.

A 400kms de la capitale, et loin de cette effervecence, existe un endroit qui emportera le voyageur hors du temps…. Dans ce village aux murs décrépis et aux toits ondulés, le temps s’évapore  entre rêve et réalité; ici, les pas où l’envie d’écourter le séjour s’envole comme le sable soufflé par le vent rugissant de l’Altiplano… Bienvenue à Sajama! Situé sur la cordillère occidentale, ligne de partage entre les paysages arides du Pacifique et les immenses étendues de l’Altiplano, il trône en solitaire dans ce décor de Far West à 6542m d’altitude. Pour les géographes, il constitue le point le plus haut de la Bolivie et dresse sa puissante stature à 400kms de La Paz. Loin du flux incessant des camions, une trace au bout de laquelle un bus vient cracher un touriste avant de l’abandonner au milieu de nulle part; là le voyageur étourdi par l’altitude et les lieux cherchera en vain une ombre pour se protéger de l’ardent rayonnement solaire. Il y a une vingtaine d’années, alors que la panaméricaine n’avait pas encore été tracée, le voyage de La Paz à la côte Pacifique déversait son flot de camions pour alimenter le village en légumes frais, en produit de première nécessité et en visage nouveaux. Depuis, la rectiligne et monotone Panaméricaine passe à 10 kms de là et file droit vers le petit port d’Arica au Chili, de l’autre côté de la cordillère et l’ancienne piste menant à Sajama est devenue désertée. Seuls les camélidés, les pneus de cyclistes et les rares camionnettes soulèvent des tourbillons de poussière volcanique.

Puis, un peu plus au sud, au cœur du désert les paysages présentent des couleurs d’une beauté psychédélique, presque surréaliste. Mecque des astronomes, cet endroit est réputé pour son absence de pollution lumineuse et son environnement aride, l’un des plus secs de la planète, et rassemble les conditions idéales pour l’observation d’un magnifique ciel dégagé. À près de 4 000 mètres d’altitude, le paysage ressemble à une peinture aux couleurs définies par les formations géologiques, le ciel bleu et les lacs à l’eau turquoise. Dali, dont le désert porte son nom, n’aurait pas fait mieux… Randonner entre les étendues rocheuses à perte de vue, les volcans gigantesques et les salars aveuglants m’ont menés jusqu’à quelques oasis cachées, lacs turquoise ou émeraude, geysers et autres sources chaudes. Découverte de cette “autre terre”…  Bienvenu à Atacama !